C’est une vague qui a déferlé dans le monde entier avec la Rébellion Internationale d’Automne. Les militant.e.s de plusieurs pays ont décidé de retourner dans l’espace public pour rappeler qu’au delà de la pandémie actuelle, d’autres catastrophes sont en cours, grossissent chaque jour davantage nous menaçant tous à court terme si nous ne faisons rien maintenant.

« Ils (les états) doivent agir ensemble face à la menace climatique, bien plus grave que la pandémie en soi - c’est une menace existentielle pour la planète et nos vies mêmes »

Antonio Guterres – Secrétaire Général de l’ONU – Le Point 08/09/20

Nous ne sommes pas là par plaisir.

Je suis fatigué de protester. J’en ai marre d’être arrêté. J’en ai marre de l’acceptation culturelle et politique d’un système qui ne met pas la priorité sur la survie humaine et ne prend pas en compte le message des scientifiques. Mais peu importe. Alors enfermez-moi, menacez de différentes clauses juridiques. La lutte contre l’effondrement de notre production alimentaire, l’économie et enfin la civilisation est plus grande que toute autre chose. Ces mots de Lan Pham, une militante suédoise recueillis lors d’une action à Copenhage au Danemark, en septembre dernier, pourraient être ceux de beaucoup d’entre nous.

Lan Pham, et blocage principal à Kongens Nytorv le 16 septembre, à Copenhage, Danemark


autour du globe !

Ce rapide tour d’horizon ne présente qu’une partie des nombreuses actions qui ont eu lieu en Europe et dans le monde. Nous avons été nombreux à montrer notre rage contre la destruction du vivant et notre espoir que des changements s’opèrent rapidement.


Suède

C’est en Suède qu’a été inauguré cette saison de rébellion en beauté : en quelques jours iels ont coordonné une série d’actions : blocage du parlement, blocage de la raffinerie de Preem de Lysekil, actions de swarming à répétition et marches colorées partout dans le pays.

“Quand nous enfreignons la loi, c’est à la lumière de l’urgence climatique, une urgence et une situation insupportable qui touche tout le monde […] Nous considérons qu’il est de notre devoir de nous lever contre ce crime et contre cette injustice, et que cela est plus important que l’obligation de suivre la loi. La quantité de souffrance causée par la crise climatique et environnementale aujourd’hui est insupportable. Il faut arrêter ça.

La désobéissance civile pacifique signifie que nous considérons consciencieusement nos actions pour résister à un système politique et économique que nous considérons comme criminel.”


Angleterre

100 rebelles avaient bloqués trois grands imprimeurs de journaux dans la nuit du 1er septembre, provoquant une pénurie de journaux à travers le pays. Les titres ciblés appartenaient à 5 milliardaires qui dominent le paysage médiatique britannique et suppriment la vérité sur la crise climatique pour répondre à leurs intérêts commerciaux.

© Gary Smith

9 septembre, les scientifiques XR et les professionnels de la santé XR se sont unis devant New Scotland Yard pour protester contre l’arrestation illégale d’un collègue scientifique. La bouche scotchée, ils marquaient symboliquement comment la police «fait taire la science». Le 3 septembre, une scientifique respectée s’adressait à un petit rassemblement sur l’agriculture et les pandémies lorsque, sans prévenir, la police a saisi son micro et l’a arrêtée. Les avocats contestent l’arrestation et demandent des excuses complètes.

© Vincenzo Lullo

Can’t bare the truth, 10 septembre, des femmes se sont enchainées sur les grilles du parlement, haut dénudé et marqué, pour montrer notre vulnérabilité, rappeler que nous sommes tous nus face à ce danger de la catastrophe écologique en cours, que la plupart des gens n’osent pas regarder.

© Gareth Morris


Turquie

“Nous ne sommes pas dans le même bateau !” Des activistes sont passé.es devant des banques partager des lettres qu’ils avaient préparées pour eux et demander qu’ils arrêtent de financer les compagnies de carburants fossiles, les activités minières ! “Soyez partenaire d’une transformation juste, pas d’une catastrophe climatique !”


Norvège

Lundi 22 septembre, un éléphant rose était dans la place à Oslo en Norvège ! Avec assez d’espace pour y glisser 4 rebelles et “Dites la vérité” inscrit sur son dos. L’animal a malheureusement fini par être arrêté par la police aussi.


Suisse

Deux superbes occupations de places publiques ont eu lieu en Suisse et en Autriche durant cette RIO 2020.

Tout d’abord le 20 septembre, 300 militants ont pris possession de la place Fédérale à Berne.

À 4h30 du matin, les rebelles sont arrivés à pied et en vélo sur la place et bloqué.e.s tous les accès en seulement quelques minutes.

Des structures de bois et tissus ont été rapidement montées, des stands installés et de nombreuses activités ont été proposées pendant les 48 heures qu’a duré l’occupation: yoga, commerce local, sensibilisation, jeux … Les rebelles ont été évacué en pleine nuit par les FDOs.

(pour en savoir plus, le reportage de la télévision Suisse RTS)__


Autriche

Les rebelles autrichiens ont décidé d’occuper la Michaelerplatz à Vienne afin de la transformer pour y danser, chanter, méditer et exiger du gouvernement une assemblée citoyenne.

Cette occupation a été suivi quelques jours plus tard d’un blocage de l’autoroute ouest de la même ville, avec ce magnifique édifice au motif des alvéoles des abeilles.


République Démocratique du Congo

3 octobre, les rebelles de l’université de Goma sensibilisait la population de la ville sur les dangers que présente le projet controversé et mafieux d’exploitation du pétrole dans le parc national des Virunga avec leur campagne ‘‘PÉTROLE, NON MERCI !’’. Un projet écocide, qui tendra également à encore amplifier de fortes violations des droits humains qui sont encore présentes dans cette région.


États-Unis

À New-York, lundi 5 octobre, plus d’une centaine de personnes, membres de XR NYC associé.e.s à plusieurs organisations : Defend Democracy in Brazil, Extinction Revolution Amazonia et Refuse Fascism NYC ont marché vers Columbus Circle, où iels ont bloqué la circulation pendant quelques minutes puis défilé autour de la place.

Un trio de bénévoles a ensuite grimpé jusqu’à l’intérieur du globe en acier à l’extérieur de l’hôtel Trump, et accroché une banderole avec les mots «Climate Justice Now!».

Climate Justice Now ! © Barrett Doherty


Allemagne

Lundi 5 octobre une «Marche funèbre des arbres morts» rassemblait à Berlin environ 500 participants qui protestaient contre la destruction des moyens de subsistance tels que les forêts et les sols sains.

2 jours plus tard, plusieurs centaines de militants marchaient pour déclarer que «Comme les mers, nous nous élevons». Portant drapeaux et banderoles bleues ont défilé à Berlin depuis Alexanderplatz, passant en silence le long du Mémorial de l’Holocauste, jusqu’à un rassemblement à la porte de Brandebourg.

Ce même 7 octobre, des rebelles ont bloqué l’accès au Bundestag, le parlement allemand, durant quelques heures en début de soirée à l’aide de bloqueurs “sculptures” arbres.

2 jours après encore, vendredi 9 octobre, les rebelles organisaient un nouveau blocage, cette fois-ci à la DEGES, une entreprise autoroutière en Allemagne. Plusieurs militant.es étaient posté.es à l’entrée du batiment avec le haut du corps nu et sur lesquels étaient marqué leurs exigences : arrêter la destruction des forêts ! Arrêtez la construction de l’Activité 9 ! Sans arbres pas d’oxygène !


Italie

Corps mis à nus également en Italie pour dénoncer l’hypocrisie des gouvernements et demander que la Vérité Nue sur l’état de gravité des catastrophes en cours soit enfin dite.



Et si vous souhaitez en savoir plus sur le mouvement à l’international : lien vers le site global international

Ceci n’est qu’un aperçu parmi les nombreuses actions qui ont eu lieu à travers le monde, les newsletter #43 et la newsletter #44 du site XR Global sont consacrées à ces séries d’évènements.


L’urgence est là, maintenant.

Parce chaque dixième de degré compte, parce chaque espèce disparue compte, chaque minute compte, nous appelons à la rébellion. Aujourd’hui, les gouvernements mettent en danger les citoyen.ne.s, il est de notre devoir de résister.

Contre l’inaction de ceux qui nous gouvernent, qui ne réagissent pas à la hauteur de l’urgence climatique et des catastrophes en cours, la révolte est notre droit le plus sacré, et notre devoir le plus indispensable.

Rebellons-nous.

Seuls nous ne pouvons rien. Ensemble nous pouvons tout !


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