Du 3 juillet au 13 août se dérouleront en France les soldes d’été 2019. A cette occasion, les grandes enseignes proposeront encore une abondance de biens de consommation dont le coût environnemental est bien plus important que les étiquettes ne laissent à penser. Les français prévoient de dépenser en moyenne 290 euros durant cette période. Mais à quel prix pour notre planète ? Nous ne pouvons plus nous offrir le luxe de sacrifier des hectares de terre afin de cultiver du coton ou d’extraire du pétrole pour en faire de simples fibres synthétiques. Aujourd’hui nous achetons deux fois plus de vêtements dont nous nous débarrassons deux fois plus vite que dans les années 2000.

L’industrie textile est basée à 40% sur l’utilisation de coton dont la culture est l’une des plus polluante du monde. De l’utilisation massive d’eau (2500 litres pour un t-shirt) à la toxicité des produits chimiques utilisés, des employés victimes des délocalisations aux morts du Rana Plaza au Bangladesh, le secteur de l’habillement ravage autant l’humain que la nature.

Et les soldes ne poussent pas les consommateurs uniquement vers l’industrie de la mode mais aussi vers l’électroménager, l’automobile ou les téléphones portables, autant de sources de pollution de leur production à leur utilisation en passant par l’obsolescence programmée qui nous oblige à consommer de plus en plus. Cette frénésie de consommation, alimentée par le marketing et la publicité, épuise la Terre et engendre une quantité de déchets considérables pour la satisfaction de besoins artificiels.

Partant de ce constat, Extinction Rebellion Lyon a souhaité alerter les consommateurs de l’impact qu’auront leurs achats lors du premier week-end des soldes 2019, le samedi 29 juin 2019. L’action s’est déroulée en deux temps : la première partie a consisté à récolter des déchets sauvages pour les déposer sous la forme d’une pyramide à l’entrée de la rue de la République et de ses commerces, haut lieu de la frénésie commerciale lyonnaise. Ensuite, les activistes ont pris la parole pour dénoncer les travers de ces industries polluantes et la consommation effrénée qui gouverne nos sociétés et compromet notre futur.

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Texte lu par les rebelles

Mes chers citoyennes et citoyens,
mes chers consommatrices et consomateurs,
si nous sommes réunis aujourd’hui en ce haut lieu de notre société de consommation,
c’est pour célébrer deux événements, intimement liés.
Le 1er, c’est l’ouverture de soldes!
Oui, l’ouverture des soldes, le début de cette période d’achats
parfois utiles, souvent superflus, chère à tout consommateur
Et le 2e, c’est le début de la 6e extinction de masse,
la première extinction causée non par des phénomènes naturels,
mais par une espèce-la nôtre-l’homo-economicus.
Notre surconsommation nous mène droit à l’extinction.
Extinction de notre espèce, et d’innombrables autres,
habitantes comme nous de la Terre.
Cette pyramide de déchets que nous, toute l’humanité, avons édifiée
sera-elle tout ce qu’il restera de notre civilisation?
Des mégots de cigarette
des canettes, des bouteilles…
Aujourd’hui, et sur une infime quantité de déchets,
nous avons agi.
Cette bouteille ne sera pas avalée par une baleine,
ce sac plastique n’étouffera pas une tortue.
Mais ce n’est pas suffisant.
En ce jour d’insouciance, rappelons nous certains faits:
1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre : c’est ce qu’émet l’industrie de la mode chaque année.
Plus de 100 milliards de vêtements sont vendus dans le monde chaque année.
La production a doublé entre 2000 et 2014.
En Europe, 4 millions de tonnes de textiles sont jetées chaque année.
Tout ceci est-il bien raisonnable?

Afin d’empêcher l’ extinction,
nous avons décidé de rentrer en rébellion.
Lorsque je dis « Extinction », vous répondez ? « Rebellion ! » Extinction ? Rebellion !
Nous sommes un mouvement radicalement écologiste,
et radicalement non violent.
Radical car nous exigeons rien de moins que le nécessaire.
Nous exigeons la neutralité carbone en 2025.
Nous exigeons l’arrêt de la destruction du vivant
Nous exigeons que l’on dise la vérité sur l’urgence de la situation.
Car quand l’espoir meurt, l’action commence.
Nous vous souhaitons à tous et à toutes
de bonnes soldes !