Du 1er au 8 décembre, dans la cadre des actions décentralisées du début de chaque mois de la campagne Changement de Régime, plusieurs Groupes Locaux, dont notamment le GL d’Auxerre et celui de Paris Nord, ont mené des actions visant à alerter la population sur la présence de pesticides dans les vins issus de l’agriculture conventionnelle, à un moment de l’année où leur consommation augmente fortement.
Les pesticides ont des effets nocifs sur la santé humaine[^1]. Ils sont également responsables de l’anéantissement des insectes[^2] avec des répercussions catastrophiques pour la Vie sur Terre.
Les zones viticoles en sont copieusement arrosées.
Les rebelles ont choisi de mettre en lumière un problème largement documenté : la présence de résidus de pesticides dans une majorité de vins produits en France. Selon diverses études, 73 % des vins non-bio testés contiennent des traces de pesticides, un chiffre choc rappelé dans les visuels de la campagne.

Les activistes ont procédé à des affichages informatifs dans les rayons vins et champagnes des supermarchés à Paris et à Auxerre, sur un pressoir d’exposition situé dans la ville viticole de Chablis, symbole du territoire viticole et de ses pratiques agricoles, afin d’interpeller directement les consommateurices au moment de leurs achats, avec des messages destinés à sensibiliser le public :
« 73% des vins contaminés par les pesticides »
« Pesticides dans les vignes : tout le monde trinque »
« Des bulles et du glyphosate ! À la vôtre ! »
« Pesticides dans les vignes : air et eau contaminés »
Encore un peu de glyphosate dans votre verre ?
Pas seulement du glyphosate même si la moitié des produits utilisés dans les vignes sont des herbicides, mais aussi des produits comme le folpel, un fongicide, et des insecticides :
73 % des vins non-bio sont contaminés par les pesticides et 1 bouteille sur 3 contient au moins 1 résidu de pesticide CMR (cancérigène, mutagène, reprotoxique)[^3].

Quand le vin est tiré, il faut le boire… Avec tout de même un peu d’inquiétude quand on sait que les effets de l’exposition chronique (en petite quantité, mais régulièrement) sont difficiles à établir.
Plus de 80 % des pesticides ne seraient pas mis sur le marché si les fabricants prenaient en compte la toxicité chronique et pas seulement la toxicité aigüe, en particulier dans les tests sur les abeilles[^4].[^5]
L’inquiétude grandit quand on sait également que les effets perturbateurs endocriniens de certains pesticides ne dépendent pas de la dose et que les chercheurs nous alertent régulièrement sur l’effet cocktail car nous ingérons chaque jour une multitude de substances[^6].
Des riverains surexposés mais tout le monde trinque !
Sans surprise, les résultats de l’étude PestiRiv, dévoilés en septembre 2025, montrent que les riverains des zones viticoles, adultes et enfants, sont surexposés aux pesticides, particulièrement en période de traitement[^7].

La vie disparaît dans les zones viticoles, comme dans les autres zones d’agriculture intensive : insectes, oiseaux[^8].[^9] (60 % des oiseaux des champs ont disparu en 40 ans…)
Les pesticides ne restent pas cantonnés aux zones agricoles mais se déplacent ensuite dans l’eau, les nuages, l’air : un rapport de l’Atmo de Nouvelle Aquitaine (association agréée de surveillance de la qualité de l’air) rappelle que des molécules de pesticides sont transférées par l’air depuis les surfaces agricoles jusqu’aux zones urbaines, dont la ville de Bordeaux. En 2024, dans toute la Nouvelle-Aquitaine, l’Atmo a détecté 37 molécules dont 15 fongicides, 16 herbicides et 6 insecticides[^10].

Extinction Rebellion rappelle que la responsabilité n’incombe pas individuellement aux vigneron·nes, souvent pris dans un système agricole dépendant des intrants chimiques et d’un cadre réglementaire insuffisant. L’objectif de la campagne est de dénoncer les politiques publiques qui tardent à protéger la santé, l’environnement et le vivant, et d’appeler à une transition rapide vers des pratiques agricoles réellement soutenables.
À l’approche des fêtes de Noël, période de consommation accrue, le mouvement souhaite encourager les citoyen·nes à se questionner sur l’impact des pesticides, ainsi qu’à soutenir les producteurices engagés dans des démarches respectueuses du vivant.

Des solutions existent.
Le 30 octobre 2025, le site INRAE de la Grande Ferrade à Villenave d’Ornon a accueilli Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace pour lui présenter les recherches menées à Bordeaux dans la construction de solutions durables pour la filière vigne et vin, en particulier le projet VITAE - Cultiver la vigne sans pesticides[^11].
Alors, pour une fois, si on écoutait les scientifiques, Monsieur le Ministre ?
Pour la santé de toustes,
Pour que nos campagnes restent vivantes,
Pour la biodiversité,
Exigeons zéro pesticides de synthèse !
[^1]: https://www.inserm.fr/expertise-collective/pesticides-et-sante-nouvelles-donnees-2021/
[^2]: https://www2.assemblee-nationale.fr/content/download/451539/4391913/version/1/file/OPECST_2021_0064_Note_D%C3%A9clin_insectes.pdf
[^3]: https://www.generations-futures.fr/
[^4]: https://www.efsa.europa.eu/en/efsajournal/pub/3295
[^5]: https://www.researchgate.net/figure/Risk-to-honey-bees-Percentage-number-of-uses-passing-the-screening-risk-assessment-for_tbl1_326711149
[^6]: https://sante.gouv.fr/sante-et-environnement/risques-microbiologiques-physiques-et-chimiques/pesticides/article/effets-sur-la-sante-d-une-exposition-a-des-pesticides
[^7]: https://www.santepubliquefrance.fr/etudes-et-enquetes/pestiriv-une-etude-pour-mieux-connaitre-l-exposition-aux-pesticides-des-personnes-vivant-en-zones-viticoles-et-non-viticoles
[^8]: https://revue-sesame-inrae.fr/agriculture-2040-2-la-disparition-des-insectes-temoignage-dun-naturaliste-1969-2021/
[^9]: https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-question-du-jour/pourquoi-60-des-oiseaux-des-champs-ont-ils-disparu-en-quarante-ans-5779310
[^10]: https://www.atmo-nouvelleaquitaine.org
[^11]: https://www.inrae.fr/actualites/cultiver-vigne-pesticides-lancement-du-projet-vitae
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