Le 31 août a eu lieu une action d’Extinction Rebellion France pour alerter sur les incendies de forêt en Amazonie et dans le monde.

Après un cortège funéraire noir de deuil, une place a été occupée pour y exécuter une performance artistique. Un cracheur de feu lance les premières flammes, des fumigènes blancs sont déclenchés et des danseuses et danseurs vêtu.es de blanc, symbolisant le feu, commencent à se mouvoir et toucher les personnes vêtues de noir qui tombent à leur contact, symbolisant la forêt qui brûle. Puis, des oraisons funéraires ont été lues, en hommage aux forêts qui brûlent et aux peuples autochtones menacés et persécutés. Après ces paroles, des cris de rage ont retenti pour exprimer la colère face à ce désastre, mais aussi la rage de la vie, une volonté de stopper ce désastre pour que la vie triomphe. Et c’est dans cette ambiance de renaissance que le groupe Blocoverde a entamé une performance musicale dynamique, chaleureuse et festive qui s’est poursuivie jusque sur les quais de seine.

Cette action symbolique n’avait pas pour but d’être aussi déterminante que de l’action directe au Brésil ou dans les autres pays touchés par els incendies de forêt. Elle s’inscrivait dans une perspective de diversité des tactiques et avait pour objectif d’attirer l’attention des médias et de l’opinion publique sur le désastre des incendies de forêt dans le monde et sur les destructions engendrées par notre civilisation industrielle. Les actions sur ce thème continueront, que ce soit Extinction Rebellion, Youth For Climate ou d’autres groupes qui s’engagent.

Nous voudrions remercier toutes les personnes ayant participé, de près ou de loin à la réussite decette action.

Face à la déforestation massive, la sixième extinction de masse et autres destructions du vivant par la civilisation industrielle, l’intensification et l’accélération du changement climatique, la persécution et le massacre des peuples autochtones, il est urgent de se mobiliser pour protéger la vie sur terre. Car bientôt, elle risque de disparaître sans une résistance radicale déployant une diversité des tactiques.

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Oraisons funéraires lues :

  1. Aujourd’hui, nous pleurons une forêt en détresse, l’Amazonie : 4700 km2 sont partis, nous avons aimé ses arbres, nous les avons contemplés, nous étions en harmonie. Nous ne t’oublierons pas. Les forêts étaient là avant nous. Après nous ne restera qu’un désert.
  2. Notre coeur brûle, nos poumons meurent, la ville et le profit t’ont écrasée pour installer un décor, sans oiseaux, sans animaux, sans être vivant. Un monde mort. On vous a aimé forêts d’Afrique, de Sibérie, d’Amazonie. Nous vous avons aimés, peuples amérindiens. On dit souvent que l’arbre cache la forêt ; aujourd’hui le capitalisme détruit la foret et le vivant.
  3. Qu’allons-nous devenir, privé.es d’un tel soutien, celui des arbres, des forêts tropicales : près de 75 000 départs de feu au Brésil , plus de 750 000 hectares ravagés en Bolivie. Pleurons ensemble ces arbres moribonds, ces animaux brûlés vifs, ces 3 millions d’amérindiens et ces 420 tribus menacées, en péril.
  4. Ton souvenir ne nous quittera jamais plus. Nous vivions avec toi, avec ta grandeur, tu étais notre protectrice, mais il y a dans la forêt des bruits qui ressemblent à des paroles. Ces paroles sont celles des habitants de la forêt, des tribus qui y vivent. Elles sonnent l’heure de la mobilisation. Place aux rebelles qui vivent et agissent pour le vivant, les arbres, les animaux, l’humanité, la planète.
  5. Souvenons-nous, saluons celle que l’on pensait immortelle. Aimée, admirée, vénérée, dans sa sérénité, nous l’avons félicitée, parce qu’elle était grande, nous nous souviendrons de ce jour où nous avons accompagné, dans les flammes, une si grande âme, de si grandes forêts.
  6. La rumeur des machines, des tronçonneuse pousse comme une mauvaise herbe à l’approche des troncs et des bosquets. La destruction et les dividendes des actionnaires laissent notre terre amputée de ses poumons. 140 milliards de tonnes de CO2, c’est ce que tu emmagasines tous les ans, chère Amazonie. Quand des humains ne te brûlent pas.
  7. “Si on ne sauve pas le peu qui reste (de l’Amazonie) je vous garantis qu’on va avoir des feux encore plus importants et c’est la planète qui sera en feu. Ce n’est que le début”, Raoni Metuktire. Combattons pour préserver notre futur.
  8. Nous accompagnons dans sa souffrance l’Amazonie que la France prétend sauver mais qui attribue 360 000 hectares de forêt aux multinationales minières, en #Guyane, en Amazonie française. Arrêtons les bras des bûcherons, arrêtons les machines qui déforestent, luttons contre les décisions politiques, rebellons-nous contre l’écocide des gouvernements.
  9. Les arbres se consument, beaucoup trop de gens se taisent, unissons-nos voix à celles des peuplesautochtones, des amérindiens.nes, à nos actions pour que le vivant reprennent le dessus. La planète ne sera pas sauvée par la croissance mais pas l’humanité et l’amour.
  10. Regardez le sang versé, celui des amérindiens, des animaux ! Regardez la sève des arbres ! Regardez les cendres de ces forêts. Le silence assourdissant fera suite au crépitement des flammes. Plus une trace de vie, plus un chant d’oiseau, plus une feuille. Des champs à perte de vue et le bruit sourd des machines qui nous enchaînent à notre propre mort.
  11. Ô vanité ! Ô néant attendu ! Ô profits ignorants du vivant ! Aurions-nous cru pouvoir verser tant de larmes en ces lieux, être tous réunis pour pleurer les forêts embrasées par la cupidité, pour pleurer les populations privées de leurs terres ancestrales ? Alors que l’heure est au recueillement, faisons passer nos voix au dessus des bruits assourdissants des politiques avides
  12. Profitez, destructeurs ! Profitez, vous qui êtes insatiables face au profit ! Profitez, vous qui détruisez ! Profitez, vous qui brûlez. Jouissez des bénéfices et de votre inaction Quand les arbres, les animaux, les femmes et les hommes, la vie, la planète auront fini de se consumer, que brûlerez- vous ?
  13. 70% des terres brûlées dans le monde sont en Afrique Sub-Saharienne. Les incendies africains représenteraient 25 à 35% des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. N’oublions pas les forêts africaines, n’oublions pas le berceau de l’humanité.
  14. A toi, forêt amazonienne, à toi, forêt africaine, à toi forêt sibérienne, à vous les forêts du monde, vous partez bien trop tôt, bien trop vite, avant nous. Vos disparitions nous rappellent que nous ne sommes bientôt plus, bientôt plus rien. Profitons du temps qu’il nous reste pour agir et lutter contre l’inéluctable.
  15. Nous ne voulons plus, chère forêt, assister à ces funérailles. Nous voulons assister à ton sacre, nous voulons revivre avec toi dans une proche harmonie. Nous voulons redire avec Victor Hugo : “Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme.” Et notre âme collective veut te voir vivre.
  16. Nous voulons ériger un nouvel Arc de Triomphe, un Arc de triomphe qui célèbre le vivant, fait d’arbres qui honorent la planète, qui rendent vivace la mémoire des forêts qui nous permettent de vivre.
  17. Réunis ici, tous ensemble, nous agissons, nous nous rebellons contre la volonté d’assombrir par des fumées mortelles un monde où les Lumières nous ont toujours éclairés. La route la plus claire pour l’Humanité passera par le plus profond d’une forêt sauvage.
  18. Nos mots sont faibles face à l’immensité de la perte d’une si grande partie des forêts. Partout, le vivant meurt, partout les forêts sont incendiées, partout des hommes et des femmes autochtones sont tué.es. On incendie nos maisons, on détruit notre planète. Nos mots, nos actions porteront le souvenirs des ces arbres morts pour leur donner la force de renaître, de retrouver leur majesté détruite.
  19. Les feux de forêt ne réchauffent plus, les flammes n’éclairent plus. Les feux nous consument. Les flammes nous détruisent. Et les hommes politiques comptent les profits, restent inactifs. Nous nous devons de protéger notre bien commun, la planète et le vivant.
  20. Dénonçons la longue agonie de la planète, des forêts, la longue agonie qui aboutit à la mort du vivant. L’inaction politique ne peut plus être acceptée. Rebellons-nous aux côtés de la forêt. Que l’émeute de la vie contre la mort se lève !
  21. Le vivant est en train de brûler, les flammes emportent la chute du jour. Les actes et l’engagement pourront te ramener, Amazonie, vers la lumière. La politique est aveugle. Nous avons les yeux grands ouverts et nous rageons contre ta mort.

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