Appel

Marche pour un Printemps Bruyant

Samedi 4 avril 2026 à 14h à Paris


Les printemps se font silencieux. Les oiseaux disparaissent, les insectes pollinisateurs meurent par milliards, la santé de tous les êtres humains est mise en danger, à commencer par les travailleuses et les travailleurs de l’agriculture. La cause ? Un modèle agro-industriel centré sur l’utilisation massive de pesticides de synthèse. La mobilisation s’amplifie.


Le lien pour les collectifs qui souhaitent signer l’appel ici.


Les printemps se font silencieux. Les oiseaux des champs disparaissent, les abeilles et les insectes pollinisateurs meurent par milliards, les fleurs sauvages se font plus rares, et c’est notre survie qui est en jeu. Les pesticides contaminent tous les milieux, l’eau, l’air, la terre, ils provoquent l’effondrement de la biodiversité, ils ont des impacts catastrophiques et généralisés sur la santé humaine. Chlordécone, glyphosate, prosulfocarbe, néonicotinoïdes et tous les autres pesticides de synthèse déversés dans nos champs font leur œuvre mortifère depuis des décennies.

L’abandon des pesticides de synthèse est une nécessité vitale. Les rapports de l’INSERM sont clairs : les pesticides ont des effets neurotoxiques, perturbateurs endocriniens et cancérigènes, chez des adultes de plus en plus jeunes, mais aussi chez les enfants, alors que le discours dominant se focalise sur la responsabilité de l’alcool et du tabac.

Le discours, soutenu par les firmes productrices de pesticides et leurs lobbyistes, selon lequel ils seraient indispensables pour nourrir l’humanité est faux. La faim dans le monde est due aux inégalités socio-économiques historiques mondiales, ce n’est pas un problème de quantité. La production alimentaire mondiale est près de 1,5 fois supérieure aux besoins alimentaires des 8 milliards d’êtres humains et c’est 30% de la production agricole mondiale qui est perdue ou gaspillée.  

La défense des intérêts des géants de l’agro-industrie exportateurs ne doit pas être confondue avec la souveraineté alimentaire qui est le « droit des peuples à une alimentation saine et culturellement appropriée, produite par des méthodes écologiquement saines et durables, et leur droit de définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles » (Via Campesina). La souveraineté alimentaire devait être protégée par la Loi Egalim qui n’a pas du tout été appliquée à la hauteur de l’enjeu.

Toutes les filières peuvent produire sans pesticides de synthèse. Les rendements parfois plus faibles en agriculture biologique ne peuvent être invoqués compte tenu de la surproduction actuelle. Des alternatives offrent la possibilité aux producteurs et aux productrices d’être autonomes et souvent de réduire leur coût de production. Elles doivent être reconnues. Nos savoir-faire rendent injustifiable l’empoisonnement des sols, de l’eau, de l’air, de l’ensemble de la population mondiale et de tout le vivant, sous le supposé prétexte de nous nourrir.

La cour d’appel de Paris a condamné l’État français le 3 septembre 2025 pour sa responsabilité dans l’effondrement de la biodiversité et pour son inaction. Malgré cela, l’État français, irresponsable, permet la réintroduction de pesticides dangereux comme les néonicotinoïdes avec les lois Duplomb et les lois d’orientation agricole, tandis que les cancers, les pathologies chroniques et auto-immunes explosent sur nous comme sur nos enfants. La France reste muette face à la dérégulation dramatique de la protection environnementale proposée par la Commission Européenne via l’Omnibus “sécurité alimentaire”.

Les organisations signataires de cet appel exigent une sortie des pesticides de synthèse. Celle-ci ne pourra s’élaborer que dans le cadre d’une réorientation des pratiques agricoles en concertation avec les professionnel.les de l’agriculture, de l’alimentation, les organisations de protection de l’environnement, les citoyen.nes, les élu.es, et la recherche scientifique. Elle impose une réforme profonde de la politique agricole commune (PAC) pour soutenir financièrement la transition et le maintien à l’agriculture biologique et paysanne, garantir une alimentation de qualité pour toutes et tous, l’arrêt des accords de libre-échange agricoles en privilégiant des prix équitables partout dans le monde.  

Le rapport du Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan récemment paru, même s’il minimise certains problèmes, selon le commentaire du comité scientifique, contient des recommandations essentielles pour soutenir l’agriculture biologique, protéger les produits agricoles européens de la concurrence déloyale, protéger la ressource en eau avec l’interdiction complète des pesticides dans les aires de protection des captages et protéger la santé des agricultrices et des agriculteurs.

En outre, l’évaluation des pesticides au sein de l’union Européenne et des États membres, est scandaleusement faussée, elle ne prend en compte ni la totalité des coformulants ni les effets cocktail et ne s’appuie pas sur la recherche scientifique actuelle. Le principe de précaution inscrit dans la charte de l’environnement et adossé à notre constitution exige une transformation complète des politiques publiques en matière de santé environnementale et de protection de la biodiversité.

L’agriculture biologique et paysanne repose aussi sur des principes de justice, de coopération, et de solidarité entre les peuples. Elle exige la sortie du colonialisme chimique et donc l’interdiction de la production et de l’exportation honteuse vers le reste du monde, notamment le Sud global, des molécules jugées trop dangereuses et interdites dans l’Union Européenne. Les gouvernements européens, la Commission européenne, toutes les agences et institutions doivent cesser de louvoyer et prendre leurs responsabilités car de nombreux points de non-retour sont en passe d’être franchis. Il en va de la possibilité même de vie sur Terre.


. Nous demandons de planifier dès maintenant l’arrêt de la production et de l’usage des pesticides de synthèse.

. Nous demandons un accompagnement des agricultrices et agriculteurs pour leur permettre d’arrêter l’usage de ces pesticides de synthèse.

. Nous demandons justice et réparation pour les victimes des pesticides, en métropole et dans les Outre-mer, notamment du chlordécone.

. Nous demandons une conférence citoyenne pour élaborer un projet permettant de nourrir sans détruire, conciliant production, conditions de travail décentes, santé et respect de l’environnement.


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Extinction Rebellion, Scientifiques en Rébellion, Coalition Secrets Toxiques, Alerte Médicale sur Les Pesticides et Perturbateurs endocriniens, Sud Recherche, La Confédération Paysanne, Cancer Colère, COAADEP, ActionAid France - Peuples Solidaires, Combat Monsanto, Coquelicots de Paris, Agir pour l’Environnement, Générations Futures, Greenpeace France, Nous Toutes, POLLINIS, La Ligue pour la Protection des Oiseaux, France Nature Environnement, France Nature Environnement Île-de-France, Planet Earth Now, Association de Promotion des Préparations Naturelles Peu Préoccupantes, Action Justice Climat, appellent à marcher contre les pesticides le samedi 4 avril 2026 à Paris.



À l’occasion de la journée mondiale de la santé, mobilisons-nous pour que les printemps cessent d’être silencieux.


Rendez-vous à Paris, au métro Grands Boulevards, à 14h, le samedi 4 avril 2026 pour la Marche Printemps Bruyant.  

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Le lien pour les collectifs qui souhaitent signer l’appel ici.

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Liste des 22 signataires (mise à jour le 23 février 2026) :

Extinction Rebellion, Scientifiques en Rébellion, Coalition Secrets Toxiques, Alerte Médicale sur Les Pesticides et Perturbateurs endocriniens, Sud Recherche, La Confédération Paysanne, Cancer Colère, COAADEP, ActionAid France - Peuples Solidaires, Combat Monsanto, Coquelicots de Paris, Agir pour l’Environnement, Générations Futures, Greenpeace France, Nous Toutes, POLLINIS, La Ligue pour la Protection des Oiseaux, France Nature Environnement, France Nature Environnement Île-de-France, Planet Earth Now, Association de Promotion des Préparations Naturelles Peu Préoccupantes, Action Justice Climat,